PIG sur la carrière de Bois-Blanc : une décision peu surprenante qui appelle la mobilisation de tous !

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L’annonce de la signature par la Préfecture du PIG (Programme d’Intérêt Général) sur la carrière de Bois Blanc n’est pas une surprise. Depuis l’ouverture du chantier de la nouvelle route en mer, l’alerte a été donnée sur les moyens qu’allaient employer les multinationales et leurs relais locaux - Colas avec sa filiale GTOI et bien sûr la SCPR - pour éviter à tout prix l’arrivée à La Réunion de sociétés concurrentes.


Cette décision intervient après plusieurs années de procédures : deux enquêtes publiques, un avis défavorable du commissaire enquêteur, un avis avec 5 réserves équivalent à un avis négatif de la commission d'enquête, un référendum dans lequel la population a indiqué sa vive opposition au projet, plusieurs manifestations rassemblant à chaque fois des milliers de personnes, la signature par des milliers de Réunionnaises et de Réunionnais de pétitions.
Elle intervient après les multiples alertes lancées et les courriers échangés avec les Ministères, tant de ce gouvernement que du précédent. Les messages ont également été passés auprès de la préfecture et de ses
occupants successifs.


Avec la signature de ce PIG, force est de constater que les intérêts financiers des grandes sociétés supplantent l’intérêt général. Cette décision va à l'encontre des agriculteurs qui ne pourront plus faire procéder à l’extraction des andains comme elle va à l'encontre des populations riveraines de la carrière de Bois-Blanc qui risquent de connaître pendant des dizaines d’années des nuisances sonores et des pollutions qui altèreront leur santé.


En outre, l’ouverture de cette carrière n’était en aucun cas une impérieuse nécessité pour la poursuite du chantier de la nouvelle route en mer. D’autres carrières ont été ouvertes, et les sondages ont montré qu’elles étaient à même de fournir les matériaux, tant en qualité qu’en quantité.


Mon engagement auprès de la population est clair : tout mettre en œuvre pour que ce projet désastreux et inutile ne se fasse pas. Cette décision de la Préfecture aura bien évidemment des conséquences.


En premier lieu, les communes concernées, notamment Saint-Leu, comme elle l’a fait depuis des années, engagera des recours et utilisera toutes les procédures possibles. Les conseils de la mairie se sont d’ores et déjà emparés de ce dossier.


En second lieu, c’est la question des rapports entre une collectivité d’Outre-mer et l’Etat ; en effet, malgré les avis défavorables émis lors des enquêtes publiques ou par des organisations référentes, la seule réponse de l’Etat a été le recours à des dérogations, et la mise à l’écart de la volonté populaire. On pourrait croire être revenus au temps de la colonie.


Enfin et c'est à espérer, la poursuite de la mobilisation de la population, des associations de protection de l’environnement ou pour la santé des habitants.


Cette route – baptisée « la route la plus chère du monde » par la presse nationale – continuera à faire parler d’elle, tant elle est un exemple d’accumulations d’erreurs, d’aberrations, d’approximations et de manœuvres en tous genres.


Ce chantier de la nouvelle route en mer doit se poursuivre, c’est une évidence, mais il n’est pas pour autant question d’accepter qu’elle se réalise au détriment de l’intérêt général, dans le non respect des règles élémentaires de procédures, quelles qu’elles soient.


La bataille sera donc juridique, politique et citoyenne.

 

Thierry ROBERT, 

Député-maire de Saint-Leu

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Invité mercredi, 23 août 2017